Antoine Emaz, Sur la fin, Wigwam.

Publié le par Trémalo

Bien sûr on reçoit depuis des années un Wigwam avec une curiosité renouvelée, aussi, on connaît un peu la poésie d’Emaz, celle par exemple qui touche nos points cardinaux à force d’effleurements et d’attentes. Mais cette fois, avec ce « Sur la fin », d’une lecture rapide, on sort essoufflé, renversé comme rarement sur le flanc emprunté par le cheminement de la pensée de l’auteur. Une seconde lecture, puis d’autres, font apparaître le recul immédiat de qui parle ici, confronté au grand sentiment filial qui épuise habituellement tant de littératures idolâtres, tant de faiseurs d’amour absolu pour leur origine.

J’aime à imaginer Antoine Emaz construire, texte après texte, ces murets de bûches que l’on trouve dans la campagne, au bord des talus, fasciné par la tenue finale d’un ensemble qui aura nécessité une lutte sans merci avec l’arbre à oblitérer. Cela permet ainsi au lecteur qui passe de subtiliser un peu de ce bois qui éclairera son foyer. La flamme est violence, pourquoi donc ici apaise-t-elle ? La lecture répétée de ce Sur la fin alimente le bouleversement de celui qui reste et s’approche de celle qui s’éteint..

(in trémalo 1 novembre 2006)

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