Note de lecture, Sara Vidal, de la conférence des nuages, Sens et Tanka éditions
Que ce titre est beau, que la couverture imprimée sur sitio pearl desert light de Vérone scintille sous les piles du pont des livres, que le soldat est brave, petit, vieux et pauvre. Celui-ci gît imperturbable dans la mort même. Ne le voit-on d’ailleurs pas près des églises, des synagogues, des mosquées, des oasis, dans les forêts, les savanes « ramasser ses bras, ses jambes, éparpillées autour de lui/ son cœur sur le chemin avec de drôles de petits soubresauts/ d’agonie/ comme un poisson sur l’herbe à côté du pliant du pêcheur ».
Si les victoires flottent à la surface des égos collectifs, les redditions toujours minent le moindre et seul esprit.
Sara Vidal connaît les chiens des pistolets, les pays dont les guerres n’intéressent personne, le soldat qui, l’armistice annoncée, surgit encore « avalé par sa propre poursuite ». La fuite en avant de l’amour de la guerre.
Après tout, les hommes n’oublient jamais « ce qui les attache l’un à l’autre », d’autant moins l’animosité qui les ronge. L’auteur aborde, au bout de l’observation des hostilités diverses, ce qu’elle nomme « la contagion définitive ». Le recueil se termine ainsi par deux mots : « la vie ».
Que le titre est beau, que le sitio pearl desert light de Vérone scintille, que Vidal ne meure, petit soldat.
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