Alice Massénat, Le Catafalque aux miroirs, 2006 éditions Apogée

Publié le par Trémalo

Pierre Peuchmaurd a bien raison, dans sa préface à l’ouvrage, de nous dire : «quelqu’un qui ne parle pas pour ne rien dire est une menace, je suppose qu’on en conviendra ». Insupportable Massénat ! Effectivement, il lui a d’ailleurs fallu bien du temps (et de sollicitations de l’éditeur, le suppose-t-on !) pour accepter de se découvrir à ce point dans cet ensemble publié, enfin, chez un éditeur visible. Oui, car l’amour qu’elle contient, cette insupportable, n’est pas exprimable par d’autres. Du moins n’est-il pas bienséant de le commenter. Apercevoir une paix, un épanouissement dans la tempête du verbe n’est pas chose aisée. Tant mieux. Nous ne sommes pas vivants pour nous complaire dans l’érotisme courtois du jardinier frappé de nanisme.
Je ne sais pourquoi, la pourriture peut-être joignant le sublime, la poésie de l’auteur me fait penser ici à Charles. C’est bien cette géante difforme qui m’accompagne à la lecture du texte, sur le sein duquel je me reposerai la lecture terminée, une fois le miroir brisé d’un coup de tête.
                          Alice Massénat représente autre chose qu’une poète à lire, voilà bien 
                          la différence dans son    cas. Elle est même autre chose qu’une parole. 
                          C’est elle la petite bête qui nous vient avant chaque baiser que nous 
                          n’osons donner à l’inconnu.

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